AU FEU !!!!
Salut mes p'tites cailles,
Il m'en est arrivée une épique : Dimanche soir vers 23 h 30, je matais tranquillement l'Armée des 12 Singes quand une odeur de brûlé commence à me titiller les naseaux. Je fais le tour de mon studio en reniflant comme un chien de chasse et je tombe en arrêt, la langue pendante, les oreilles dressées et la queue raide devant la porte d'entrée. Ca vient de là. J'ouvre la porte et alors là, que vois-je ? Le couloir de l'étage rempli de fumée et j'entends en plus des crépitements de flammes (j'habite au 7ème, l'étage des chambres de bonnes et ma fenêtre donne sur la rue). Une décharge d'hormones de survie m'envahit immédiatement l'organisme et,dans un état second, j'aboie "AU FEU !!!" dans le couloir pour avertir mes voisins de palier, ce qui était totalement inutile car à ce moment là j'étais seul. Puis, évidemment je referme ma porte, je vais pas me jeter dans la gueule du loup non plus ni inviter la fumée à dîner, et je me précipite à la fenêtre pour hurler afin d'alerter les voisins du dessous (Bon là y en avait) ainsi que sur mon phone pour composer le 17, c'est le seul numéro que mon cerveau arrive à émettre mais ça marche.
Ouf ! En plus la caserne est à 50 m... Ensuite comme évidemment cette pute de fumée commence à entrer allégrément dans mon sudio par l'espace qu'il y a entre ma porte et son chambranle, je fais comme on m'a bien dit de faire, je mouille des serviettes pour calfeutrer le bas de la porte et je fous du scotch autour de la porte, enfin j'essaie car ce con s'entortillait, c'était bien le moment. Heuseusement j'avais aussi du ruban adhésif de chantier qui sert à protéger les carreaux des fenêtres quand on les repeind, alors je fais une double couche protectrice et je fignole bien autour des gonds car ça rentrait aussi par là. Mission réussie, la fumée rentre plus.

Bien, pendant que je fais ça j'entends des coups, des cris, je me demande bien ce qui se passe et je flippe que des voisins se fassent cramer ou asphyxier, en plus de mon flippe égoïste concernant ma propre survie. Mais ça vient pas de mon étage. Bref, les pompiers arrivent en bas de l'immeuble. Je m'habille, je débranche des appareils électriques et je fume une clope. C'est drôle comme situation quand même de fumer une clope alors qu'on lutte contre une invasion de fumée... Enfin bon j'attends, toujours du bruit mais pas de pompiers qui arrivent à mon étage, je vérifie que la porte, les sols, etc. sont froids. De ce côté-là ça va, mais cette poufiasse de fumée chaude fait ramollir mon scotch et la fumée recommence à entrer dans mon studio. Alors je me dis "fous le camp de là, ça craint".
Je vais donc à la fenêtre et je hurle pour que les pompiers s'intéressent à mon cas, mais ça n'avait rien de sexuel (en fait l'appartement en feu donnait sur l'autre rue, l'immeuble faisant l'angle, donc ils ne s'intéressaient pas à moi). Un pompier m'entend et je lui cris que je suis pris au piège et que je risque d'être enfumé. Il me répond de mettre du linge mouillé bla bla, je lui rétorque que c'est fait depuis longtemps, ça tient plus, faut venir me chercher. Alors ils vont chercher la grande échelle qui était dans l'autre rue. Je leur gueule de se magner le cul car en plus de la fumée commençait à sortir des toits et à passer devant ma fenêtre, ça devenait vraiment impressionnant. Bon, ils me hurlent de pas bouger, de rester calme tout ça, des gens dans la rue profite du spectacle, je suis une star, et ils font monter l'échelle. Et moi je me dis "pourvu qu'elle aille jusqu'au 7ème..." mais c'est bon, elle est assez grande. Après ils me disent qu'il faut pas que je descende tout seul et que j'attende qu'une bombe sexuelle casquée vienne me chercher. Avec plaisir ! Le gars arrive, me demande si ça va, je lui réponds "je suis ravi de vous voir", il me demande si j'ai le vertige, je lui réponds "pas ce soir !" et je sors par la fenêtre, je m'accroche à l'échelle et je commence à descendre. Je suis tellement content d'être sorti du guêpier que j'ai même pas peur alors que normalement j'aime pas le vide. Je fais tout de même attention de ne pas descendre trop vite pour pas écraser les petites mains de mon sauveur.

Arrivé en bas je suis catalogué "victime" et conduit dans l'ambulance géré par un charmant blondinet. Je suis en fait la deuxième victime, puisque que je retrouve sur un brancard un voisin de palier avec un masque à oxygène sur la tronche. Il m'explique qu'en fait il dormait, qu'une lampe est tombée sur sa couette et que ça a foutu le feu, que ça l'a réveillé, qu'il a essayé d'éteindre et n'y arrivant pas, il s'est enfuit (sans refermer la porte ni crier "au feu" pour me prévenir, merci, c'est sympa). Faut dire à sa décharge qu'il est nourri aux médicaments, et bien nourri car il doit faire en gros 120 kg. Le pompier lui demande s'il prend un traitement et alors là il nous sort une liste de médocs qu'il connaît tous pas coeur avec les dosages, on pourrait ouvrir une pharmacie rien que pour lui. Bon au bout d'un moment les pompiers me retirent mon statut de victime et je me retrouve dans la rue à bavasser avec des voisins de palier qui n'étaient pas là au moment du feu mais qui ont été prévenus, on rigole nerveusement à dire du mal de notre voisin pyromane en attendant que les pompiers aient fini leur dure besogne. Ils sont magnifiques avec leur équipement et leur belle gueule pleine de suie. En plus ils sont nombreux, 3 casernes se sont déplacées plus les flics. On apprend par la police que les pompiers ont fracassé toutes les portes de l'étage pour voir s'il y avait des victimes dans les logements puis enfin, vers deux heures on nous autorise à remonter et on découvre les dégâts. Le palier est ravagé, vous avez qu'à voir les photos, mais mon studio s'en sort bien du fait du calfeutrage, à part la porte explosée et la moquette dégueulassée par les pattes sales des pompiers. Ils auraient pu mettre des patins...
Bon j'appelle l'assistance de mon assurance. Ils m'envoient un serrurier pour réparer provisoirement ma porte, je prends quelques fringues et je vais coucher chez mon ex car ça pue, y a plus d'électricité et je dois dire que j'avais pas du tout envie de rester sur place. D'ailleurs j'ai réeménagé qu'aujourd'hui, il est 5 h 30 du mat' et je dors toujours pas car seul à l'étage et je suis pas très fier en fait... (en plus j'ai plus de scotch...).
Voilà. Bon mais je suis vivant et si ça se trouve je vais avoir une moquette toute neuve payée par l'assurance et j'ai de plus quelque chose d'intéressant à raconter à mes relations depuis une semaine. Alors de quoi je me plains ? J'ai pas eu de bouche à bouche avec un pompier... :o(
Allez bises les petites cailles !
13/01/08 - 06:40
Eh bien Mister T ! Quelle aventure ! Brrr, j'en ai froid dans le dos !
tontonzig